Bettina Ducat n'a pas peur du choc des cultures

Article paru dans News Manager, le 16 novembre 2020

Lorsque Stéphane Vidal, le président de Primonial, a voulu recruter un nouveau patron pour La Financière de l’Echiquier (LFDE), une société de gestion bien connue sur le stock-picking et rachetée progressivement à partir de 2017 à son célèbre fondateur Didier Le Menestrel, ses idées étaient claires : trouver quelqu’un capable d’accélérer le développement international de la société et donner une connotation d’innovation à la marque. Cela a été chose faite en juillet dernier avec l’arrivée de Bettina Ducat comme nouvelle directrice générale. Stéphane Vidal est allé piocher chez Axa IM, une société de gestion qui avait déjà fourni en quelque sorte un ancien directeur général de LFDE, Dominique Carrel-Billard entre 2014 et 2016. « Mais cela n’a aucun rapport, c’est un hasard total », affirme Bettina Ducat.

Certes cette dernière a pris soin de consulter l’avis de Dominique Carrel-Billard, devenu responsable notamment du développement international d’Amundi, mais pas de contacts avant la proposition de Stéphane Vidal. « Chez Axa IM, Dominique était mon patron et une des personnes qui m’a beaucoup inspirée avec la DRH du groupe à l’époque, Bénédicte Chrétien (aujourd’hui directrice des ressources humaines du Crédit Agricole SA, ndlr), qui reste un exemple pour moi », relate-t-elle.

L’expérience internationale et de développement de la jeune dirigeante est donc un atout clef dans son recrutement. Lorsqu’elle rejoint Axa IM en 2006, où elle restera près de 14 ans, elle aborde tout juste la trentaine et sort d’une expérience dans le conseil en stratégie chez Accenture. Pour cette alsacienne pure souche, diplômée de l’EM Lyon, commence alors une nouvelle étape dans l’asset management. Un secteur choisi pour son « environnement évolutif, dynamique et stimulant », affirme-t-elle. « Je n’ai pas été déçue car dès 2007, les effets de la crise se sont manifestés assez durement chez Axa IM et partout sur le marché », se rappelle-t-elle. La société de gestion fait en effet partie des gestionnaires français qui doivent annoncer des suspensions de fonds en 2007. Elle monte ensuite régulièrement dans la hiérarchie d’Axa IM jusqu’à accéder au comité exécutif du groupe en 2011, à l’âge de 34 ans. Elle est alors responsable du développement sur la France et l’Europe du Sud. « Cela a été le début pour moi de l’ouverture aux problématiques des clients étrangers dans différents pays », explique-t-elle.

L’aventure tourne plutôt bien puisqu’en 2014, elle accède au poste de responsable global du développement d’Axa IM, auquel s’ajoutent les activités de marketing et de vente. Axa IM est alors présent dans 24 pays. « Il a fallu fixer les priorités du développement. Aller là où il y avait une rencontre entre l’appétence des clients et les solutions qu’Axa IM pouvait apporter ». La dirigeante parie en particulier sur le Japon et l’Italie, avec succès commercial à la clé. De ses différents voyages, elle reconnait que le Japon a été le pays le plus dépaysant. « Il était important de bien se familiariser avec les codes du pays avant les RDV clients, de ne pas se laisser surprendre », indique-t-elle.

Reste à savoir si elle saura aussi bien maitriser le choc des cultures entre deux nations différentes, qu’entre deux groupes aussi différents qu’Axa IM et LFDE. « Je ne pense pas au choc des cultures, non. J’ai ressenti tout de suite les qualités humaines des dirigeants de Primonial. J’ai quitté des gens très bien chez Axa IM pour retrouver des gens très bien chez LFDE dont les valeurs résonnent avec les miennes. J’aime l’agilité de cette entreprise, l’engagement de ses équipes. J’aime la valeur travail qui se retrouve très ancrée ici avec des collaborateurs qui sont tous actionnaires de l’entreprise et regardent dans la même direction », assure-t-elle. Elle se veut d’autant plus confiante qu’elle assure avoir évolué au sein d’une famille de chef d’entreprises, où la culture entrepreneuriale est très présente.

Elle juge aujourd’hui LFDE comme une entreprise redevenue très stable après le rachat de Primonial, et a des projets plein la tête. Pêle-mêle : faire de LFDE un acteur européen de référence (en accroissant encore les 35% de la collecte venue de l’étranger), renforcer l’équipe actions globales « car il y a un fort potentiel de croissance » et lancer de nouveaux produits innovants.

 

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